Lettre à Nicole Belloubet Ministre de la Justice

Latifa Ibn Ziaten arpente les écoles et les tribunes en clamant que sa religion n'a rien à voir avec Mohamed Merah, l’islamiste qui a tué son fils. Si la démarche a été saluée et récompensée par une légion d'honneur, par soucis d’équité et de liberté à l'expression d'opinion, il serait souhaitable de pouvoir utiliser le même chemin et les mêmes moyens pour faire valoir les convictions contradictoires reposant sur les connaissances universelles face aux croyances obscurantistes. La promotion de l'islam doit pouvoir être contre balancée par ceux qui pensent différemment ou autrement.

Comme pour les écoles, les prisons françaises accueillent dans leurs murs des représentants auto-proclamés experts de l'islam au motif de la nécessité d'une maîtrise raisonnée des dérives sectaires d'une pensée qui trouve sa source et sa philosophie dans une forme d’interprétation du coran.

La rencontre en prison des imams permet aux coreligionnaires incarcérés d’être confortés dans leurs croyances. Hors présence de délégués pacifiques et républicains pour dénoncer les incohérences religieuses, les prisonniers islamistes les plus radicaux n'ont qu'à donner l'estocade pour asservir les croyants influençables sur une interprétation littérale du coran. Ce faisant les dérives peuvent ensuite orienter les plus radicaux vers des thèses et des actions inhumaines sous couvert d'une directive divine.

Dans les deux cas, prisons et écoles ne voient pas venir les ambassadeurs de la pensée laïque ou les défenseurs d'une philosophie basée sur les sciences et les connaissances universelles qui s'opposent aux croyances ancestrales et millénaires.

La liberté religieuse et la liberté de croire devraient être compensés par la libre expression de ceux qui pensent différemment et qui constatent que les religions représentent un opium pour les communautés qui s'en imprègnent au risque de perdre la raison et leurs libertés de penser de façon autonome.

Le pouvoir bloquant !

L’islamophobie ne se situe pas là ou on la croit. L'islamophobie est une peur irraisonnée de l'islam et la plupart des responsables politiques économiques ou sociaux ont cette peur ancrée dans leurs décisions. Cette islamophobie généralisée paralyse l'initiative au point de ne plus pouvoir prendre les décisions destinées à protéger les générations futures de leur pays.

L'attentisme et le conformisme préservent la situation présente sans désamorcer les conflits à venir.

Si tous les islamologues (et non islamophobes) respectueux des lois et de la démocratie étaient capables de prendre des risques comme ont pu le faire d’autres résistants dans les années 30 et 40 pour s’opposer à ceux qui voulaient imposer leurs idées par la force, l’obscurantisme n’aurait plus de beaux jour devant lui.

C’est par la formation, la science et les connaissances que je souhaite prendre part à l’action nécessaire à développer auprès des jeunes, des collégiens, des lycéens, des étudiants, des forces de l’ordre, du personnel pénitentiaire... afin de les protéger des dérives sectaires liées à l’islam. L’objectif est qu’ils puissent, par un effet dominos, être les ambassadeurs d’une philosophie qui priorise les sciences et les connaissances face aux croyances et à l’obscurantisme.

La démarche ne puise t-elle pas sa légitimité dans l’urgence et le constat alarmant que les attentats se multiplient en Europe ?

Concrètement je souhaiterais pouvoir intervenir auprès du personnel pénitentiaire en formation à Agen afin de leur proposer une formation sur l'islam et ses dérives sectaires.

Si vous êtes en accord avec ces constats et ma proposition, contactez moi pour que nous puissions oeuvrer et marcher dans le bon sens. Si vous n’êtes pas d’accord avec l’analyse qui précède, je vous serais gré de bien vouloir m’en donner les raisons.