Les repentis sont-ils fiables ?

repentirFrance soir titre "Déradicalisation : le rôle des “repentis” du djihad en balance.” (lien)

L’article soulève le problème posé par Farid Benyettou qui fut le maître à penser des frères Kouachi. Cet ancien salafiste devenu djihadiste est aujourd’hui aux côtés de Dounia Bouzar pour promouvoir un livre de dialogues qu’ils ont co-écrit. L’objectif de cet ancien gourou est maintenant d’expurger ses méfaits et d’en corriger les dérives. L'action part d'un bon sentiment mais il est possible de s'interroger sur la sincérité de la démarche et l’intérêt financier que l’un et l’une puissent avoir dans la publication de leur ouvrage et surtout dans l’impact médiatique qu’ils pourront en retirer.

Si la plupart des “grands observateurs” constatent que le gouvernement et les cellules anti-terroristes échouent dans leurs tentatives de déradicalisation, l’arrivée de repentis peut donner des arguments pour aider les éducateurs confrontés à la montée des aspirations radicales. Le problème qui peut être posé tourne autour de la takiya qui est une forme de ruse typiquement associée à la philosophie islamique. La takiya revendique le fait de masquer ses réelles intentions avec une attitude plus conciliante. Gageons sur la sincérité de la démarche en oubliant l’aspect machiavélique d’une hypothèse qui repose sur une conjecture. Il n’en demeure pas moins que pour un observateur extérieur Farid Benyettou comme Dounia Bouzar restent l’un et l’autre musulmans. Comment dès lors continuer à gérer le double discours qui repose sur le fait qu’il ne faut pas prendre en compte les versets violents du coran au motif qu’ils auraient été abrogé par Allah lui-même. Dans la première et principale sourate du Coran, le verset 106 déclare : “ Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu'Allah est Omnipotent ?” Pour les experts pacifiques de l’islam, tous les versets violents délivrés avant l’Hégire auraient été abrogés. L’argumentation louvoie entre la croyance, la logique et la connaissance mais elle trouve une écoute sur les plus fragiles et les plus influents.

La logique et la pureté d'une rédemption aurait été de renier complétement son ancienne religion pour dénoncer à la fois les dérives et les fondements qui occesionnent ces dérives mais faute de grives on mange des merles.