policeEn Belgique les policiers bruxellois vont suivre une formation sur l'islam et l'islamisme. (voir ici) L'objectif affiché serait de ne pas confondre l'islam et ses déviances. Il y aurait plusieurs modules pour pouvoir différencier l'islamisme et ses composantes radicales.

Certains observateurs et détracteurs pensent que ce type de formation serait susceptible de stigmatiser les musulmans.

En fait, c'est même le contraire de l'effet souhaité que ces formations pourraient engendrer. En effet, en arquant du fait qu'il puisse y avoir une bonne religion et une mauvaise pratique ou une interprétation malfaisante, l’officialisation d’une information donne du crédit et une validation des thèses développées par les croyants les plus modérés et les plus pacifiques. La démarche suppose que l'on efface une grande partie des versets violents délivrés dans le Coran tout en conservant les concepts et autres préceptes qualifiés d'acceptables. Est-il toutefois recevable qu'Allah laisse croître les maladies (voir le verset 10 de la sourate 2) ? Est-il acceptable qu'un dieu comme Allah puisse se moquer des infidèles comme il le dit et le fait dans le 15ème verset de la sourate 2 ? Est-il acceptable de laisser croire aux enfants et leurs parents que la terre a été créée après le reste de l'univers alors que nous savons désormais que ce n'est pas vrai !? Doit-on inclure dans une formation sur l’islam le fait que Noé a vécu 950 ans, que les fourmis parlent dans le Coran et connaissent le nom des chefs d’état ? Faut-il enseigner que l’ensemble des éléments de la terre soient en couple comme le blé ou les escargots ? Les exemples, contre-vérités et contradictions se multiplient tout au long des versets et des sourates.

Quelle devrait être alors l’attitude des autorités Belges ou autres nations démocratiques face à la montée des extrémismes pour prévenir les violences et le terrorisme ? La première et principale position devrait être la tolérance et le respect des libertés de penser. Croire en Dieu, au paradis et à l’enfer est une base de la croyance qui ne peut être discutée au même titre qu’elle ne peut être démontrée. Toutefois et en parallèle les nations accueillantes et/ou “éducantes” ne devraient rien lâcher sur les faits et les réalités quantifiées, qualifiées et certifiées par la majorité des scientifiques. Si nous savons aujourd’hui, grâce à l’étude de l’ADN, que la probabilité d’avoir deux séquences identiques pour deux individus différents non apparentés est estimée à 1 chance sur 10 puissance 18, nous savons aussi déterminer avec précision, grâce à l’ADN, l’évolution de l’ensemble des organismes vivants sur la planète e donc affirmer avec certitude que le créationisme, c’est à dire l’arrivée sur terre d’Adam et Eve comme parents de tous les êtres humains, est une hérésie.

Les choses sont ce qu’elles sont et sont trinaires : soit elles sont vraient et démontrées, soit c’est faux et démontré, soit on ne sais pas ou on doute. La croyance peut se nicher dans les troisièmes hypothèses mais elle ne devrait plus avoir droit de contrarier les connaissances acquises et comprises par la majorité des écoliers et de leurs enseignants.

repentirFrance soir titre "Déradicalisation : le rôle des “repentis” du djihad en balance.” (lien)

L’article soulève le problème posé par Farid Benyettou qui fut le maître à penser des frères Kouachi. Cet ancien salafiste devenu djihadiste est aujourd’hui aux côtés de Dounia Bouzar pour promouvoir un livre de dialogues qu’ils ont co-écrit. L’objectif de cet ancien gourou est maintenant d’expurger ses méfaits et d’en corriger les dérives. L'action part d'un bon sentiment mais il est possible de s'interroger sur la sincérité de la démarche et l’intérêt financier que l’un et l’une puissent avoir dans la publication de leur ouvrage et surtout dans l’impact médiatique qu’ils pourront en retirer.

Si la plupart des “grands observateurs” constatent que le gouvernement et les cellules anti-terroristes échouent dans leurs tentatives de déradicalisation, l’arrivée de repentis peut donner des arguments pour aider les éducateurs confrontés à la montée des aspirations radicales. Le problème qui peut être posé tourne autour de la takiya qui est une forme de ruse typiquement associée à la philosophie islamique. La takiya revendique le fait de masquer ses réelles intentions avec une attitude plus conciliante. Gageons sur la sincérité de la démarche en oubliant l’aspect machiavélique d’une hypothèse qui repose sur une conjecture. Il n’en demeure pas moins que pour un observateur extérieur Farid Benyettou comme Dounia Bouzar restent l’un et l’autre musulmans. Comment dès lors continuer à gérer le double discours qui repose sur le fait qu’il ne faut pas prendre en compte les versets violents du coran au motif qu’ils auraient été abrogé par Allah lui-même. Dans la première et principale sourate du Coran, le verset 106 déclare : “ Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu'Allah est Omnipotent ?” Pour les experts pacifiques de l’islam, tous les versets violents délivrés avant l’Hégire auraient été abrogés. L’argumentation louvoie entre la croyance, la logique et la connaissance mais elle trouve une écoute sur les plus fragiles et les plus influents.

La logique et la pureté d'une rédemption aurait été de renier complétement son ancienne religion pour dénoncer à la fois les dérives et les fondements qui occesionnent ces dérives mais faute de grives on mange des merles.